«Une
promesse» raconte une histoire simple, pleine de beaux sentiments, d’existences
humbles, de vie quotidienne et routinière dans un petit village de Mayenne,
entre un bistrot et la maison du
bibliothécaire et de sa femme, un couple si amoureux que leur mort le même jour
paraît toute naturelle à leurs amis qui ne se posent pas de questions à ce
sujet mais qui se relaient toutes les semaines
pour entretenir leur maison, chacun son jour. Justement ils sont sept à faire ce pèlerinage.
Cependant, Etienne et Fauvette, les vieux amoureux, semblent vivre encore chez eux. Ils entendent
les bruits de leurs visiteurs et notent dans un cahier la venue de chacun.
C’est Léo,
nommé le Bosco, le coordinateur, celui qui tient le café du
village où tous passent régulièrement.
C’est surtout le frère d’Etienne, l’ami
si bienveillant et si aimé de
tous.
Seulement
au bout de dix mois, la motivation n’est plus la même. Chacun pense avoir désormais
suffisamment accompli son devoir et les visites commencent à peser. Mais
le Bosco veille…
Quelle
décision prendra-t-il ?
C’est un
beau roman sur le deuil, la passion
amoureuse, l’amour fraternel, l’amitié et la survie. Que reste t-il, après, de l’âme de ceux qu’on a tant aimés ?
A noter
que les deux frères sont bretons, fils d’un marin pêcheur mort en mer, une
nuit, près de la côte, lors d’un naufrage par grosse tempête. La mère
a tout quitté à cette occasion pour éloigner ses deux enfants de la mer
maudite mais eux se souviennent toujours
des croyances anciennes de leurs ancêtres quant aux âmes des morts à
veiller et à respecter. Tout doit être fait pour retarder la fin du deuil.
Un des
leitmotive (leitmotifs?) est d’ailleurs le dernier livre lu et laissé sur la table par le défunt. Un livre de Musset (Lettres à
Lamartine et poésies nouvelles – 1836/1852)
où il est écrit:
Et
marchant à la mort, il meurt à chaque pas.
Il meurt
dans ses amis, dans son fils, dans son père.
Il meurt
dans ce qu’il pleure et dans ce qu’il espère
Et sans
parler des corps qu’il faut ensevelir
Qu’est-ce
donc oublier, si ce n’est pas mourir.
J’ai bien
aimé.
Présenté aussi par Enna qui, avec sa rencontre de Sorj Chalandon au Salon du livre de Paris, m'a donné envie de connaître l'auteur.
Une promesse, Sorj Chalandon, Prix Medicis 2006,
(Grasset, second roman de l'auteur, 274 p.)
