J'ai beaucoup aimé ce roman qui évoque le Japon de toujours avec ses qualités et ses défauts: la douceur de vivre mais aussi l'omniprésence des Yakuzas, cette mafia qui gangrène et contrôle la société industrielle.
Cependant l'histoire se déroule dans le Japon d'aujourd'hui, celui d'après la grande tragédie: celle de Fukushima. Il y est question de fuite en avant, de disparition mystérieuse, d'enquête et de course poursuite d'une fille pour retrouver son père "évaporé" un soir sans plus donner aucun signe de vie.
Kaze était un père affectueux, un mari aimant et un cadre de banque très estimé mais qui venait d'être congédié par ses supérieurs pour avoir eu connaissance des agissements des Yakuzas au sein de son entreprise. Selon la loi japonaise, un adulte qui décide de disparaître ainsi brusquement n'est jamais recherché. On considère que c'est sa liberté.
Appelée par sa mère désespérée, Yukiko revient de Californie où elle travaille avec Richard, son détective amoureux.
Les recherches seront longues et vaines très longtemps et on ne peut que craindre le pire jusqu'au moment où le récit prend un ton nouveau avec un genre d'espoir tout à fait inattendu grâce à la rencontre d'un très jeune survivant du tsunami et des jours catastrophiques qui l'ont suivi. On est alors comme dans un autre monde avec les réfugiés du camp de Sendaï. On espère on tremble, on cherche, on s'attriste avec les personnages. On réalise que tous sont en fuite à leur manière et nous peut-être aussi, comme eux et avec eux. C'est un livre très riche, qui m'a emportée très loin dans cette aventure et ce pays si proche et pourtant si différent! Un très joli moment!
Les évaporés, Un roman japonais, Thomas B. Reverdy
Flammarion, 2013, 302 pages



