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lundi 25 août 2014

L'étrange solitude de Manfred Richter, Gisèle Bienne

Manfred Richter est un prisonnier allemand qui a choisi de rester en France après la libération. Il traîne un lourd passé de fils de nazi tristement célèbre derrière lui. Hélène est une jeune étudiante  qui vit solitaire et retirée,  chez elle, dans sa famille, l'été de ses 20 ans, avant de partir  continuer ses études à Nancy. Cet été-là, qui sera très chaud, elle essaie de découvrir qui est vraiment cet Allemand énigmatique qui vit dans une chambre près de la sienne.  Arrive sa correspondante allemande qu'elle attend impatiemment mais qui jettera le trouble autour d'elle. Les histoires de solitudes  et  de passés douloureux  se chevauchent  et s'affrontent. pour s'apaiser peut-être dans la chambre d'étudiante où se termine le récit.
 Dix mètres carrés, un chez soi. C'est beaucoup, ça me va. Une chambre exposée au sud où la lumière entre à flots.
Une maison, c'est un livre dont on n'épuise jamais la lecture, et  j'y reviendrai souvent.
     Oui souvent je partirai à la recherche d'une chambre à part, une chambre dans les étages, une chambre sous les combles avec le soleil qui s'engouffre par une haute fenêtre étroite, les toits, le ciel, les oiseaux, la première hirondelle ... une chambre pour abriter une étrange solitude. 

C'est un roman nostalgique sur les doutes,  les illusions et les espoirs d'une jeunesse trahie et le lourd passé que l'on traîne à la sortie d'une guerre qu'on veut oublier. J'ai bien aimé. 

 L’Étrange Solitude de Manfred Richter, Gisèle Bienne, 
 Actes Sud, coll. « Un endroit où aller », 2013.

mercredi 28 mai 2014

Les Folies Bergère de Porcel et Zidrou, ma BD du mercredi

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J'écris mon billet à 23 heures 15, ce mardi 26 mai 2014.
France 2 diffuse un documentaire poignant sur le débarquement en Normandie et moi je termine la BD de Zidrou et Porcel sur la guerre des Tranchées!
Drôle de coïncidence!
Difficile de me concentrer!
Les deux plus tragiques événements du siècle dernier  absorbés en même temps!
Deux folies absolues.
Deux boucheries!
Impossible d'écrire un résumé cohérent.
Les témoignages sont trop forts et les images trop prenantes.
 Un coup d'œil sur la BD, un autre sur l'écran ... je n'aurai jamais fini ce billet à temps.
Vous me pardonnerez. Je ne peux que recopier le résumé de l'éditeur et certaines phrases qui me paraissent significatives et vous renvoie aux nombreux autres billets déjà publiés sur ce one-shot si réussi .

La guerre 14-18. Les tranchées. Des soldats sont confrontés à la souffrance et à la mort. Considérés comme de la chair à canon par leurs chefs, ils tentent de survivre. Pour défier la mort, les soldats appellent leur compagnie "Les Folies Bergère" et se donnent à chacun un surnom. Dans les tranchées, ils se serrent les coudes. Plaisantent. Dessinent. Gardent espoir. Et se battent. Meurent dans d'atroces souffrances. Se suicident ou perdent la raison. L'un d'eux est condamné au peloton d'exécution et... en réchappe. C'est un miracle. Jusqu'à ce qu'on lui amène sa fillette égarée sur les terres de personne. Le propos est désespéré et les personnages sont tragiques, attachants. Les dialogues vont à l'os et le dessin, réaliste, est très éloquent. (Résumé de l'éditeur)
"A la fin de la guerre - parce que faudra bien qu'elle se termine un jour, hein! - on s'est tous juré d'aller fêter ça aux Folies Bergère, à Paris. C'est pour ça le nom."
"Les Folies Bergères, ça sonne mieux que "La 17ème compagnie d'infanterie". Pas vrai? 
Reste à savoir ce que l’ami Jules Verne aurait pensé de cette guerre … «La science comme levier du progrès»! Tu fabules, Jules! Tu balivernes, Verne! Les canons à longue distance ne servent pas à envoyer les hommes sur la lune comme tu l’as rêvé mais Ad patres.
"Vingt mille lieues sous les mers",  "vingt mille lieues sous les terres", cela aurait fait un bon titre pour un roman du père Jules avec de belles gravures bien proprettes . Le tout relié en cuir par ce bon Monsieur Hetzel. Les gravures, c’est comme les photos, : ça ne transmet pas les odeurs. L’odeur des cadavres, celle de la peur … et cette odeur que vous dégagez quand vous défoncez à coups de crosse le crâne d’un pauvre allemand qui ne vous a rien fait, un gamin, pas même vingt ans…


Autres billets: Yvan,   JViel,  MaëlLaSardine,   Val,  Stephie,  Noukette, OliV,  et j'en oublie plein...
Les Folies Bergère de  Porcel et  Zidrou, ma BD du mercredi

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Participent peut-être ce mercredi 28/05/14:
Anne,  Acro,  Alex,  Angéla Morelli,  Asphodèle,

 Blogaelle, Brize ,   

Carolinedécouvrelemonde,

Choco, littéraires Chroniques, Cléanthe,    

 
Cristie ,   Crokbulle,  Cuné,    Cynthia,  

 Delphine,   Didi, 


Elodie,    Estellecalim, Evalire,   Hilde,    Hélène ,   Hervé,  

  Iluze,   Irrégulière,    Itzamna , 


JViel,   Jérôme,  Julie,   

Khadielit,  Kikine,   La-ronde-des-post-it, Laurie,

Lirepourleplaisir, 

Lorouge, Loo, Lou, Lounima, Lystig,   

Manu,  Margotte,  Marguerite,    Marie,  Mariejuliet, 

Marjorie,  Marion,  MarionPluss, Marilyne,
  
Mathilde, Mélo,  Mlle Alfie,

Miss Bouquinaix,  Moka,    Mo,   ​​M. Zombi,  Natiora,   Neph,  

Noukette,   OliV,  Pascale,  Paulinelit,

 Sandrine,  Sandrine (Mes Promenades),   Sandrounette,   Sara ,

Sophie (des Bavardages),    Sophie Hérisson,  Soukee,  Stephie,   Syl,   Theoma,
Un amour de BD 
Vero,  Yaneck,  Yoshi73,  Yvan, 

BD du mercredi 28/05/14


Alexandre, L'épopée, T1, Le roi vient de mourir, Chauvel, Le Galli, Java, par Un amour de BD
L'homme qui n'aimait pas les armes à feu, T3, Le mystère de la femme araignée, Lupano, Salomone, par JViel
Lueur de nuit, Olivier Boiscommun, par Noukette
Le souffle court, Le Lay, Le Houellou, par Marguerite
Les carnets secrets de Guillaume Bianco, T1, Les seins, par OliV
Dillies Blues, saveur Renaud, par Moka
Shelley: La vie amoureuse de Frankenstein , Casanave et Vandermeulen, par Jérôme
Fairy Quest, T1, Les Hors-la-loi, Jenkins, Ramos, par yaneck
Burn out, Ozanam, Sommer, par Yvan
L'arbre aux Pies, Daria Schmitt, par Sandrine (Mes Promenades)
Ekhö, monde miroir, T2, Paris Empire, Arleston, Barbucci, par Soukee
Les ombres du styx: Le maître de l'éternité, Isabelle Dethan, par élodie
Notre mère la guerre, 1, 2, Maël et Kris, par Maël, La-ronde-des-post-it
Mon père ce héron, Jul par Hervé
Les Tchouks, 1, 2, Richard kerascouët, par Hervé
Des canards trop bizarres, Castellucci, Waron, par Hervé

mercredi 29 janvier 2014

S.O.S Lusitania, 1, La croisière des orgueilleux, Ordas, Cothias, Manini, ma BD du mercredi

BD SOS LUSITANIA


Un gigantesque paquebot  face à une toute petite silhouette humaine: la couverture est suffisamment belle pour avoir retenu mon attention et décidé de mon choix. Je ne le regrette pas. Si les couleurs étaient moins classiques, ce serait un coup de cœur. 
Il faut dire que j’aime tout ce qui touche à la mer,  les croisières, les grands navires, la marine, la mer, calme ou démontée…
Ici, dans ce premier tome de la trilogie annoncée, il ne s’agit encore que des préparatifs de la
 traversée New York –Angleterre, sur le Lusitania. Nous sommes au début de la première
 guerre, en 1915. Plus de deux mille passagers embarquent vers l’Europe pour des raisons très diverses. Ainsi le philosophe Elbert Hubbard  part pour Vienne avec l’espoir de  faire arrêter la guerre. Huit jours plus tard aura lieu le naufrage qui accélèrera l’entrée en guerre des Etats-Unis. Seuls 703 passagers survivront. Ceci, trois ans après le Titanic.
Dans ce tome, le lecteur suit avec sympathie la vie à bord du jeune gallois Mickael Morisson, dont le père combat en France et qui veut travailler pour nourrir sa famille. Deux autres beaux personnages  suscitent aussi de l’intérêt: le commodore Turner qui commande de main de maître le navire et Alfred Vanderbilt,  jeune milliardaire américain, qui  accompagne le prototype  d’une nouvelle locomotive révolutionnaire construite dans les ateliers de sa famille. 
Tous ignorent la présence à bord de trois espions à la solde des Allemands dont un agent double alsacien.  Le naufrage est le résultat d’un complot… 
J'ai beaucoup aimé le traitement de ce début de l'aventure et beaucoup apprécié également les dessins de Manini. 
Les tomes 2 et 3 sont annoncés pour le printemps  et la fin de l'année. 


S.O.S Lusitania, 1, La croisière des orgueilleux, Ordas, Cothias, Manini, 

Ce sera ma première participation pour le challenge de Stephie sur la guerre de 14



topbd_2013  chez Yaneck: 18



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Participent peut-être ce mercredi:
Dernière minute:  Philippe Delaby, l'auteur entre autres de Muréna est décédé. (Source: rtbf culture)

Lectures communes: Noukette, Jérôme, Moka,

Anne,  AcrO,   Alex, Angéla Morelli, Asphodèle,  Blogaelle, Brize,  


Carolinedécouvrelemonde,


Choco,  Chroniques littéraires, Cléanthe,    

 
Cristie,  Crokbulle, Cuné,   Cynthia,  Delphine,  


Didi,  Elodie,   Estellecalim,  Evalire,  Hilde,   Hélène,  


  Iluze, JViel,  L'Irrégulière, 

Hervé,

Jérôme,    Julie, 




Lirepourleplaisir, Loo, 


Lorouge, Lou, Lounima,   Lystig,  


 Manu,  Margotte,  Marguerite,   Marie, Mariejuliet, 


Marjorie,  Marion,  MarionPluss,  Marilyne,
  

Mathilde, Mélo, Miss Alfie,


Miss Bouquinaix, Moka, Mo,  Mr Zombi,   Natiora,  Neph, 


Noukette,   OliV',  Pascale, Paulinelit,


  Sandrine, Sandrine (Mes Promenades),  Sandrounette,  Sara,


Sophie/Vicim,  Sophie Hérisson,


 Soukee,  Stephie,  Syl,  Theoma, 



Un amour de BD,  

Valérie,  Vero,  Yaneck,  Yoshi73, Yvan,

BD du mercredi 29/01/14

La guerre des Lulus, T2 - 1915, Hans-régis Hautière/Hardoc, par Noukette
Idem, par Jérôme
Idem par Moka
Conventum, de  Pascal Giraud, par Marguerite 
Mattéo, Troisième époque, Jean-Pierre Gibrat,par Maël, La-ronde-des-post-it
Notes, saison 8, Les 24 heures, Boulet, par Cuné
Arelate, Laurent Sieurac, Alain Genot, par Cristie
Vois comme ton ombre s'allonge, Gipi, par Yvan
Salammbô, Intégrale, Flaubert, Druillet, par Yaneck
Violette NozièreVilaine chérie, Benyamina, Simon, par Sandrine(Mes promenades)
Ouessantines, Patrick Weber, Nicoby, Kness, par Syl
Le petit grumeau illustré, Nathalie Jomard, par Hélène
Les ignorants, Davodeau, par Natiora
La cuisine de Mamette, Nob, par Kikine
Le combat ordinaire, (1 à 4), Manu Larcenet, par Cynthia
Sous un rayon de soleil, T1, Tsukasa Hojo, par Elodie
Rosko T1, Per Svenson doit mourir aujourd'hui, Zidrou, Alexei Kispredilov, par Un amour de BD
Au pays de la mémoire blanche, Carl Norac, Stéphane Poulin, par Lystig
Les carnets de Cerise, T2, Le livre d'Hector, Joris Chamblain, Aurélie Neyret, par Soukee
Pablo, T1, Max Jacob, Julie Birmant, Clément Oubrerie, par Sophie/Vicim
Monster club, T1, Que le meilleur gagne et Dieu sauve la reine, par Angéla Morelli
Borderline, T3, Alexis Robin,  Nathalie Berr, par Loo
Le sursis, T1, Gibrat, par Khadielit
Annie Sullivan & Helen Keller, Joseph Lambert, par Valérie
Quatre sœurs, T1, Enid, par Hervé
Kraa, T2, L'ombre de l'aigle, Benoît Sokal, par Didi
Le jardin d'hiver,Renaud Dillies, Grazia la Padula, par MarionPluss
Le Soufflevent, T1, Andoryss, Collette, par Choco
Blacksad, 4, L'enfer, le silence, Diaz Canales, Guarnido, par Manu
Le cercle de Minsk, Franck Giroud, Jean-Marc Stalner, par Blogaelle

jeudi 1 novembre 2012

Le temps de rêver est bien court de Bertrand Longuespé


C'est un beau récit sur ce qu'on a appelé longtemps "Les évènements d'Algérie", racontés ici par Edgar Grion,   un jeune breton qui a fait son service militaire comme sous-officier, entre 1958 et 1962.  Il appartient à une famille de la région paimpolaise qui milite pour l'indépendance de la Bretagne,  ayant collaboré pour cela avec les Allemands  mais lui-même, devenu sympathisant communiste, se sent en porte-à-faux dans cette nouvelle guerre et remet en question toutes ses certitudes. Cependant il tombe amoureux de Fanny et fréquente sa famille de colons proches de l'OAS. Rien ne lui semble simple. Il se remet en question pendant qu'un vent de folie, de meurtres  et d'attentats  se déchaîne de part et d'autre. 

Rien de caricatural dans ce récit dont j'ai beaucoup aimé la lecture. C'est écrit simplement dans une belle langue classique. Le jeune militaire est très attachant, plongé dans des situations qui le dépassent sans cesse, à l'intersection entre la grande Histoire, celle de sa génération et la petite, la sienne, intime et personnelle, familiale et sentimentale: c'est émouvant et passionnant.  A lire et même à relire! 

Extrait: La rencontre avec Mouloud Ferraoun, l'auteur du "Fils du pauvre". 
Un homme qui publie ses livres dans une maison d'édition française et qui est salué par la critique est un privilégié. Je dois ma vie actuelle à la France. Je ne m'engage pas dans la lutte car d'une façon ou d'une autre, je me combattrais moi-même. Je suis dans le déni de moi si je participe. 
- L'équivalent inverse de Camus.
Le titre est repris du poème d'Aragon: Est-ce ainsi que les hommes vivent?  chanté par Ferré:

Cœur léger cœur changeant cœur lourd
 Le temps de rêver est bien court
 Que faut-il faire de mes jours 
 Que faut-il faire de mes nuits
 Je n'avais amour ni demeure
 Nulle part où je vive ou meure
 Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit

Pour en savoir davantage c'est ICI, 
 Edit du 11/11/2012, Je viens d'apprendre que ce roman est sélectionné pour le festival de Laval, en 2013.

Bertrand Longuespé est né en 1970 et vit à Montpellier. Ce livre est son premier roman. Challenge d'Anne

Le temps de rêver est bien court de Bertrand Longuespé  (éditions Thierry Marchaisse, 2012, 260 pages)

lundi 28 juin 2010

Guerre et Paix de Léon Tolstoï, lecture commune


Après un tour général sur la toile pour y lire les nombreux articles sur cet immense roman, je me sens découragée, totalement écrasée par ce chef d'oeuvre absolu dans lequel je me suis immergée. 
La tentation est grande de recopier l'un des résumés qui soit à la fois le plus complet et le plus concis que j'aie pu trouver mais finalement j'ai choisi de renoncer au billet exemplaire pour ne faire part ici que de mon état d'esprit du moment, celui d'une lectrice qui a rejoint une lecture commune avec Keisha , Zarline, et d'autres blogueuses  (les noms suivront) et qui n'en est encore qu'au premier volume: celui des fêtes et des bals, des grandes réceptions et de la comédie des apparences mondaines, de la menace de la guerre prochaine contre les troupes napoléoniennes aussi qui viennent de fouler le sol de la Sainte Russie. 
Je ne lis pas, je déguste. 
Ma lecture n'avance que très doucement car je retourne souvent sur les passages à peine lus, non pour mieux les comprendre puisque tout est simple et lumineux dans ce récit mais en raison de leur beauté! 
En plein milieu du roman, me voici amoureuse du bel André, prince Bolkonsky, officier intelligent mais désabusé, antipathique au début dans ses rapports avec Lise, sa jeune et jolie jeune femme, enceinte de leur futur fils Nicolas et qui bientôt deviendra amoureux fou de Natacha, l'impertinente et vive adolescente de treize  ans au début du récit, celle qui fait tant sourire les convives des premières soirées. 
Mais je m'égare. Le roman vaut mille fois mieux que les nombreuses histoires d'amour et d'infidélité, d'amour et de mort qui y sont évoquées. 
C'est une des plus belles fresques historiques que j'aie pu lire, un roman philosophique aussi avec les deux amis, Pierre Bezoukhov, proche de l'auteur et André, les deux amis qui aiment plus que tout échanger leurs idées sur la politique, la guerre, la société.
Je réécrirai un autre billet quand j'aurai terminé le roman.
Pour l'instant, j'ai surtout vu le côté Paix du récit, la jeunesse des personnages principaux,  les bals, les amusements divers, les rires, les mondanités, la frivolité, les cercles familiaux, les liens sociaux et amicaux. A une prochaine lecture l'aspect sombre de la Guerre!
Quelques phrases qui m'ont plu:   Anna Mikhaïlovna la serrait déjà dans ses liens et pleurait. La comtesse pleurait aussi. Elles pleuraient parce qu’elles étaient amies; parce qu’elles étaient bonnes ; et parce que, amies d’enfance, elles avaient à s’occuper d’une chose si vile: l’argent; et parce que leur jeunesse s’était enfuie… Mais leurs larmes à toutes deux étaient douces. /  
Le salon d’Anna Pavlovna s’était peu à peu rempli.Toute la haute société de Pétersbourg était là, des gens les plus divers par l’âge et le caractère mais tous pareils quant au monde auquel ils appartenaient. / 
Chacun des invités accomplissait le rite de saluer cette tante que personne ne connaissait, qui n’intéressait personne et dont personne n’avait besoin. Anna Palovna assistait aux salutations avec une attention triste et solennelle en approuvant en silence. Ma tante parlait à tous en termes identiques de leur santé, de la sienne propre et de celle de Sa Majesté l’impératrice qui, grâce à Dieu, était aujourd’hui meilleure. Tous ceux qui s’approchaient sans manifester de hâte par politesse, quittaient la vieille dame avec le sentiment de soulagement qu’on éprouve après avoir rempli un devoir pénible, pour ne plus s’occuper d’elle de toute la soirée  /J'envisage maintenant de regarder les deux versions filmées inspirées de ce récit.  Celle de King Vidor, de 1956, avec Audrey Hepburn, Henry Fonda et Mel Ferrer.
Musique de Nino Rota  
Celle de Robert Dornhelm avec Alessio Boni, Clémence Poésy, Alexander Beyer.
Guerre et paix de Léon Tolstoï (1828 - 1910)
Parution: 1865-1869 , 1572 pages
(Le cercle du Bibliophile,Tome premier, trois parties, 381 pages)
Traduction par Elisabeth Guertik