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mardi 2 septembre 2014

Come prima, Alfred, la BD du mercredi



4ème de couverture


Début des années 60. Suite à la mort de leur père, deux frères, Fabio et Giovanni, sillonnent les routes au volant d’une Fiat 500. Leur voyage, émaillé de disputes et de silences, de souvenirs et de rencontres, les conduira jusqu’à leur Italie natale, quittée depuis des années. Par bribes, le portrait de leur père se recompose et les amène à mettre en lumière leurs relations tumultueuses…

Magnifique album! Histoire attachante! Dessins inspirés! Prix d’Angoulême bien mérité! J’ai beaucoup aimé!

Tant d’autres l’ont dit avant moi! Tant d’excellents billets ont été publiés,  détails à l’appui et émotions  partagées avec compétence que je me sens aussi superflue qu’une invitée de la dernière heure.

Come prima, je l’ai lu il y a  déjà quelque temps sans le commenter mais  je viens de le relire toujours avec le même plaisir. Je crois même y avoir trouvé de nouvelles raisons de l’aimer mais c’est sûrement grâce aux très bons avis lus précédemment.

J’ai particulièrement aimé :

-       l’alternance des pages, (dessins et couleurs)  selon qu’elles évoquent le présent ou le passé.

-       le road- movie des deux frères fâchés puis réconciliés, dans une Italie  des années 60 comme on la voit dans les films de cette époque (Antonioni, Rossellini, Visconti, Scola, Pasolini …)

-       La petite cinquecento,  (elles étaient si vaillantes !)

-       Les disputes familiales et les réconciliations. (La famille, la valeur la plus  sûre  en fin de compte)

-       L’urne funéraire du père, le culte de la mort, la violence des sentiments qui s’accroît plus on descend  vers le sud.

-       La couverture,  un bon résumé déjà  pour commencer

-       Presque tout en somme!

ainsi que les billets de Mo,   Melo,  Stephie,  Sandrine,   Maël,   Yvan,  Jérôme,  Noukette,  Cristie,  Anne,  SD49,    bmsaint-brieuc, 

Come Prima, Alfred , 2014, Fauve d'or, Meilleur album 2014, Angoulême, 
Delcourt, / Mirages
Collaboration aux couleurs: Maxime Derouen
Roaarrr  de Mo

  Yaneck  : 18,5 / 20


Participent ce mercredi: 


vendredi 12 avril 2013

La comtesse de Ricotta, Milena Agus

Parce que j’avais aimé Mal de Pierres  et  Quand le requin dort,  je pensais également aimer celui-ci sans problèmes mais non, ce n’est pas aussi simple et je n’ai pas retrouvé cette fois le même plaisir de lecture.  
Cette fois encore l’histoire se déroule en Sardaigne, dans un palais ancien, sur les hauteurs de Cagliari. Y vivent toujours les trois dernières descendantes de la famille  patricienne d’autrefois, trois sœurs, obligées de vendre les autres appartements pour survivre. Elles sont très différentes mais aucune n’est heureuse. Chacune étant en manque de ce qui pourrait enfin transformer sa vie. 
Noémie, l’aînée, une magistrate, sévère, coincée, revêche, attend l’amour idéal, tout en niant farouchement un tel besoin. Elle aimerait redonner à la demeure familiale son faste d'antan.  
Maddalena, elle, vit un amour très passionné et sensuel avec son époux  mais seul l’intéresse l’enfant qui tarde à venir.
 Quant à la dernière, la Comtesse de Ricotta, elle vit seule avec son enfant de cinq ans qui semble en retard dans son développement bien que  très doué pour le piano. Elle vit de remplacements dans les écoles qu’elle ne termine jamais tant elle a peu d’autorité. Très généreuse, elle paraît cependant fragile, molle et  maladroite.
Les trois sœurs  frôlent constamment la dépression et même le suicide tant leur vie est malchanceuse et leurs amours peu satisfaisantes. Elles s'aiment pourtant et cherchent à s'entraider sans véritablement y arriver.
Mon  problème  a été de ne pouvoir m'attacher à aucune d'entre elles. Je ne les ai pas vraiment comprises. Chacune, tour à tour, m'a semblé trop caricaturale ou trop excessive. Serait-ce l'effet d'un style que j'ai trouvé trop sec, du style résumé ou du genre de la "nouvelle",  me maintenant sans cesse à distance des personnages? .Peut-être! 
Toujours est-il que ce dernier livre de Milena Agus a été pour moi un rendez-vous raté. 

Les avis de Babelio,  Noukette,    qui renvoient vers d'autres billets,
 La comtesse de Ricotta, Milena Agus,  Traduit de l'italien par François Brun 
(Liana Levi, 2012, 119 p.)
Challenge d'Anne   pour l'Italie (Sardaigne)  celui de Géraldine sur les Îles
Voisins Voisines version Curlz

samedi 11 juin 2011

Meurtres entre soeurs de Willa Marsh

Dans les années 50, en Angleterre, deux demi-sœurs, Olivia et Emily, mènent des  vies de petites filles heureuses auprès de leurs parents  qui, veufs à la sortie de la guerre, viennent de se rencontrer et de se  marier Elles ont le même âge et se jalousent terriblement jusqu’à l’arrivée de Rosie, leur petite sœur,  l’enfant chérie du couple, de dix ans leur cadette, qui  attire et retient toute l’attention de leurs parents. Leur jalousie les poussera même  à vouloir se débarrasser de ce bébé encombrant  en lui glissant  dans la bouche des baies empoisonnées. La petite sera sauvée à la dernière minute mais les aînées  s’en ressouviendront beaucoup plus tard quand cette petite Rosie si mignonne  leur aura bien pourri la vie avec ses airs de sainte nitouche qui leur a cassé en douce leurs mariages et qui veut récupérer à  tout prix  l’héritage à la mort des parents.   
C’est une histoire qui se lit vite, très vite, si vite qu’on la parcourt un peu  comme un conte tout à fait dérisoire, grinçant, excessif, l’humour anglais en prime. Pas le temps de s’apitoyer sur les situations. Il s’agit presque d’un survol un peu fouillé de toute une vie, plein de vies, celles qui tournent autour de cette fratrie démoniaque sous ses aspects  si gentillets. J’ai sans cesse oscillé entre la colère, l’apitoiement, l’incrédulité, la jubilation devant tant de haine, de rivalité et de vengeance car les sentiments qui dominent dans cette charmante famille, c’est la haine, celle qui suit la jalousie  des charmantes sœurs: un vrai nid de vipères devenues de vieilles demoiselles anglaises qui tuent avec le sourire et la compassion des voisins, genre « Arsenic et vieilles dentelles ». C'est drôle et grinçant et merci à Theoma pour l'avoir fait voyager. Si j'en crois les signatures, je suis la huitième  à avoir eu ce livre entre les  mains et peut-être pas encore la dernière. Joli trajet! 
Meurtres entre soeurs de Willa Marsh  ( Littératures Autrement, 2009, 206p) Traduit de l'anglais par Danielle Wargny