Affichage des articles dont le libellé est soeurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est soeurs. Afficher tous les articles

samedi 11 juin 2011

Meurtres entre soeurs de Willa Marsh

Dans les années 50, en Angleterre, deux demi-sœurs, Olivia et Emily, mènent des  vies de petites filles heureuses auprès de leurs parents  qui, veufs à la sortie de la guerre, viennent de se rencontrer et de se  marier Elles ont le même âge et se jalousent terriblement jusqu’à l’arrivée de Rosie, leur petite sœur,  l’enfant chérie du couple, de dix ans leur cadette, qui  attire et retient toute l’attention de leurs parents. Leur jalousie les poussera même  à vouloir se débarrasser de ce bébé encombrant  en lui glissant  dans la bouche des baies empoisonnées. La petite sera sauvée à la dernière minute mais les aînées  s’en ressouviendront beaucoup plus tard quand cette petite Rosie si mignonne  leur aura bien pourri la vie avec ses airs de sainte nitouche qui leur a cassé en douce leurs mariages et qui veut récupérer à  tout prix  l’héritage à la mort des parents.   
C’est une histoire qui se lit vite, très vite, si vite qu’on la parcourt un peu  comme un conte tout à fait dérisoire, grinçant, excessif, l’humour anglais en prime. Pas le temps de s’apitoyer sur les situations. Il s’agit presque d’un survol un peu fouillé de toute une vie, plein de vies, celles qui tournent autour de cette fratrie démoniaque sous ses aspects  si gentillets. J’ai sans cesse oscillé entre la colère, l’apitoiement, l’incrédulité, la jubilation devant tant de haine, de rivalité et de vengeance car les sentiments qui dominent dans cette charmante famille, c’est la haine, celle qui suit la jalousie  des charmantes sœurs: un vrai nid de vipères devenues de vieilles demoiselles anglaises qui tuent avec le sourire et la compassion des voisins, genre « Arsenic et vieilles dentelles ». C'est drôle et grinçant et merci à Theoma pour l'avoir fait voyager. Si j'en crois les signatures, je suis la huitième  à avoir eu ce livre entre les  mains et peut-être pas encore la dernière. Joli trajet! 
Meurtres entre soeurs de Willa Marsh  ( Littératures Autrement, 2009, 206p) Traduit de l'anglais par Danielle Wargny

vendredi 13 mai 2011

Louisa et Clem de Julia Glass

Louisa et Clem sont sœurs mais rivales aussi et c’est l’histoire de leur relation compliquée,  de 1980 à 2005,  que Julia Glass raconte dans son troisième roman.
Encadré par deux décès et deux enterrements, le récit est toujours fait à la première personne, comme s’il s’agissait d’une longue confession, sauf que le « je » est tour à tour celui de  Louisa suivi de celui de Clem. Elles sont trop opposées pour écrire à quatre mains, trop individualistes  aussi et n’utilisent que très peu le «nous» trop consensuel dans leur cas. Depuis l’enfance,  leur mère les a toujours mises en concurrence sur tous les sujets si bien qu’elles ne s’aiment que de loin et se font du mal dès qu’elles sont réunies. Toute leur histoire tient à ce lien fort et fragile qui fait qu’elles partagent une histoire commune  de famille dont les membres sont   attachés fortement à leurs racines bien qu'ils soient tous  dispersés sur tout le territoire des États-Unis. 
Louisa vit en artiste  dans la «mythique Santa Barbara»  mais ne rêve que de Manhattan, de mariage et d’enfants tandis que Clem, plus jeune, aux relations amoureuses compliquées et éphémères, éprouve un si  grand attachement envers les animaux sauvages que son métier est de les défendre  dans les montagnes Rocheuses.  
Le roman est l’histoire de leurs relations les rares fois où elles se rencontrent dans leur vie d’adultes. Qu’elles se rapprochent ou s’éloignent au gré des événements familiaux, qu’elles s’aiment ou se détestent selon les circonstances,  leurs relations ne sont jamais indifférentes et banales, jamais simples non plus, toujours sur le mode explosif. 
En général, j’aime beaucoup les histoires  de fratries. Un de mes livres préférés demeure: «Les quatre filles du Dr March», lu, relu et vu en larmes  au cinéma mais cette fois, je n’ai pas réussi à m’identifier à ces deux femmes, malgré ma propre histoire de sœurs compliquées. Je me suis trop souvent perdue dans les nombreux événements sans savoir exactement qui éprouvait quoi. Je referme le roman avec un sentiment ambigu de confusion et de léger ennui. J’ai éprouvé par moments beaucoup d’intérêt pour certains passages  beaux et intéressants  mais beaucoup de  découragement aussi quand je me perdais dans la narration. 
Je me situe donc dans le second groupe de blogueurs : celui qui n’est que moyennement satisfait de cette lecture (voir ICI les différents billets) 

Après ma lecture d’un roman, j’aime bien relire les titres donnés par l’auteur  aux  chapitres de son livre comme  s’il s’agissait  de  résumés miniatures ou de guides   pour remettre sur la bonne voie le lecteur égaré. Je regrette que désormais les éditeurs ne sentent plus le besoin de regrouper ces titres  sur une page en fin de volume laissant le soin au lecteur (qui pour cela ne doit pas être trop pressé)  de feuilleter le livre pour les retrouver. Ce qui n’est pas toujours si facile.
Voici ceux de ce roman dans lequel je me suis un peu noyée à vrai dire. 
1 Nage jusqu’au milieu : 1980 (pages 11 à 71)
2 Ce n’est pas le bon moment : 1983 (72 à 113)
3 Elevage : 1986 (114 à 166)
4 Une porte vers le ciel : 1989 (167 à 200)
5 Je te vois partout : 1990 (201 à 246)
6 Un manteau multicolore : Février 1993 (247 à 288)
7 Le prix de l’argent : Mai 1993 (289 à 340)
8 Le monde que nous avons fait : Août 1993 (341 à 383)
9 Le dernier mot : 2005 (384 à 427)  
Louisa et Clem de Julia Glass, Roman traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Damour.  (Editions des Deux Terres - Mars 2011 – 427 p) Titre original : I See You Everywhere
Lu dans le cadre de Babelio  que je remercie ainsi que les Editions des Deux Terres.