lundi 8 juillet 2013

Les nuits mouvementées de l'escargot sauvage, Elisabeth Tova Bailey

J’en avais bien besoin de ce joli coup de cœur!
 Cathulu et Dominique ne se sont pas trompées en conseillant l’histoire de cette belle relation ( on peut l’appeler ainsi, je crois) entre une jeune femme malade, alitée pendant de nombreuses années  et un escargot offert par hasard avec un bouquet de violettes et observé ensuite patiemment et minutieusement, une fois placé dans un terrarium près du lit médicalisé de Élisabeth Tova Bailey.  Il s’agit en effet  ici du récit de la propre expérience de l’auteur, de ses observations, de ses réflexions et  de ses  recherches finalement scientifiques  sur ce petit animal débarqué  à l’improviste chez elle,   tout d’abord  presqu’inconnu et inespéré mais très vite devenu un animal de compagnie auquel elle s’est profondément attachée et dont le comportement l’a aidée à survivre.
Lorsque je pensais aux distances que mon escargot pouvait parcourir, en dépit de sa taille, mon immobilité n’en était que plus frappante Quant à ma vie, elle était  entrain de devenir aussi solitaire que celle de mon escargot.

Mon lit était une île dans la mer désolée de ma chambre. Je savais pourtant que d’autres étaient comme moi confinés chez eux, par la maladie ou par une blessure, dans des villages ou dans des villes, partout dans le monde. Allongée-là, je me sentais liée à eux tous. Nous formions nous aussi une sorte de colonie d’ermites.
Pas un instant je ne me suis ennuyée et n’ai même senti qu’il s’agissait d’un essai. Je me suis trouvée à mon tour pleine de respect et d’admiration, de sympathie même pour ce petit gastéropode tellement plus intéressant que je ne pouvais l’imaginer. Il faut dire que  E. Tova Bailey  sait se rendre passionnante quand elle nous fait part de ses découvertes et qu’elle compare sa propre lenteur  imposée  par la maladie à celle de son compagnon qui ne se déplace que la nuit pour manger  les pétales de fleurs puis les plaques de champignon qu’elle lui donne.
Je ne regarderai plus jamais les  escargots de la même façon désormais: ils me semblent aussi passionnants à étudier que l'ont été les  fourmis de Bernard Weber. J'envie jusquà leur mucus  qui leur permet tant de choses, leur long accouplement (mais ça je savais déjà) et cette faculté de se plonger dans une sorte de léthargie pour de longs mois voire plusieurs années si nécessaire,  en milieu hostile!  
La vie d'un escargot est faite de mets goûteux, de lits et autres couchages confortables, et de toutes sortes d'aventures plus ou moins plaisantes, tout comme la vie de n'importe qui dans mon entourage. 

Hormis leurs notables idylles, que j'allais bientôt découvrir, les escargots mènent une vie solitaire. Leur comportement est considéré comme étant d'une complexité intermédiaire, plus simple que celui des mammifères et des insectes, mais plus évolué que celui des vers. ... J'avais du respect pour l'intelligence de mon escargot.
 A mon tour de conseiller la lecture de ce livre à la fois très personnel et universel, intimiste et scientifique à la fois, émouvant, surprenant,  original,  que j'ai trouvé terriblement attachant.  

 Autres billets: Cathulu (Merci encore pour l'avoir fait voyager),  Dominique, 
Pour entendre le son de l' escargot qui glisse et qui mange dans son terrarium chez l'auteur,  c'est ici
Les nuits mouvementées de l'escargot sauvage, Elisabeth Tova Bailey (éditions Autrement Littératures, mai 2013, 170 p.) Traduit de l'anglais (États_Unis) par Marie-Céline Moureaux

17 commentaires:

  1. Bon, bon, bon, cela fait un moment que je tourne autour ce livre, tu confirme. Pas pressée :-)

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  2. En voila une étrange découverte. Tu titilles sérieusement ma curiosité !

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  3. Normalement le gastéropode doit parvenir jusque chez moi, un jour, mais tu sais, ces bêtes là font des détours... ^_^

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    1. Je l'envoie maintenant à Clara, tu devrais le recevoir ensuite, il me semble.

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    2. Je vais lui mettre la pression, tiens donc... ^_^

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  4. Il me semble que si j'étais malade, je préfèrerais la compagnie d'un autre genre d'animal, mais sait-on jamais... Rien n'est inintéressant dans la nature.

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    1. Elle avait aussi son chien avec elle mais l'escargot lui ouvrait de nouveaux horizons et ne lui demandait pas de grands déplacements pour l'observer! Dans un cas comme le sien que ferait-on? Le sait-on vraiment? Elle n'a pas vraiment eu le choix! Brr!

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  5. Parce qu'on offre des escargots, maintenant ?!

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    1. Dans ce cas-là, oui, et heureusement!

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  6. Hou la la moi qui aime ces petites bêtes dans mon assiette (on ne crie pas^^), j'ai du mal à l'imaginer en animal de compagnie mais quand on est malade, tout peut arriver !!! ;)

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    1. Disons un animal de survie plutôt mais il tient bien son rôle! j'ai trouvé ce livre passionnant!

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  7. Je viens de terminer cette très belle histoire et chapeau petit escargot, t'es le plus fort!
    Un animal de compagnie extrêmement passionnant, le mode de vie de ce gastéropode est extraordinaire et surprenant. L'auteure réussit le tour de force de nous coller à la vitre du terrarium!

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    1. Ah oui, tu as raison: on est collé au terrarium. Ce livre m'a totalement bluffée par son originalité et sa force. Il a un côté très positif!

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