Millie, jeune secrétaire intérimaire, vit dans une solitude monacale. Mais un soir, son immeuble brûle. Elle tourne le dos aux flammes se jette dans le vide.
Déserteur de l’armée, Monsieur Mike a fait de la rue son foyer. Installé tranquillement sous un porche, il ne s’attendait pas à ce que, ce matin, le «farfadet» et sa bande le passent à tabac.
Au moment où Mariette, Millie et Mike heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main – Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu’il fait des miracles. (éditeur)
L'atelier des miracles, Valérie Tong Cuong (JC Lattès, 06/2013, 264 pages)
J’ai une confession à faire: je n’aime plus écrire les
billets qui suivent la lecture d’un roman, ce qui est pour le moins désagréable
quand on tient un blog de lecture. En ce moment, ça me pèse et comme j’évite le
plus possible tout ce qui est trop
lourd dans la vie quotidienne, je lis sans discontinuer et tant pis pour le
blog mais ce roman de Valérie Tong
Cuong m’a réveillée. Après avoir
enchaîné cinq récits à la suite sans
envie de les commenter (bien que pas particulièrement déplaisants
pourtant), brusquement l’envie de partager une belle lecture m’est
revenue.
J’ai rencontré une romancière que je vais suivre
désormais tellement j’ai aimé la
manière dont elle a maîtrisé le récit de ces
vies éclatées, dans cet atelier
qui se voulait miraculeux et qui m’a fait penser à un moment que l’histoire
virait au polar. J’ai aimé son optimisme malgré une réalité bien sombre mais
l’espoir est toujours présent puisque
chacun des paumés qui semblent bien amochés au départ conserve son libre
arbitre et sa personnalité profonde.
Aucune mièvrerie dans cette tentative de bienfaisance apparente et d’aide aux démunis. Aucune amertume non plus. Juste
la vérité, beaucoup de réalisme et de complexité en chacun des personnages qui
ne sont ni tout noirs, ni tout roses,
seulement eux-mêmes, un juste
milieu entre le pire et le meilleur, comme dans la vie. Chaque expérience est
déterminante mais si dure soit-elle,
rien n’est jamais totalement perdu.
J’ai surtout beaucoup aimé le style de Valérie Tong Cuong,
ni trop lyrique, ni trop cru, s’adaptant
parfaitement aux différents narrateurs
que sont tour à tour les trois « abîmés de la vie » passant par l’atelier
se voulant reconstructeur comme on peut
parfois se sentir redresseur de torts. La fin m’a tout spécialement ravie. Les plus faibles ne sont pas toujours, loin de là, ceux qu'on croyait!
La plupart des gens étaient prêts à croire ce qu’on leur racontait du moment qu’on le présentait avec suffisamment de conviction. Chacun de nous peut un jour être confronté à sa propre impuissance, glisser, chuter et même mourir par ignorance mais surtout par solitude. Aide-toi et le ciel t’aidera, prône la morale de la fable. Mais la vérité, c’est que l’on se relève rarement seul. La vérité c’est que, bien souvent le malheur exclut et que si certains ont la chance d’être aidés sans réserve, nombreux sont ceux qui, une fois à terre, sont incompris, rejetés ou tenus à distance, y compris par leurs proches. Ils pénètrent la spirale de l’isolement, du repli sur soi, de la désespérance.Cependant, je vous le confesse, j’ignorais qu’en allant ainsi au devant des autres, c’est moi que je rencontrerais.Clara l'a beaucoup aimé aussi et plein d'autres (voir chez Babelio)
L'atelier des miracles, Valérie Tong Cuong (JC Lattès, 06/2013, 264 pages)

