Voici les premières impressions du jeune narrateur à son arrivée à Rome qu'il voit pour la première fois.
A travers les fenêtres du couloir, j'observe les premières traces de la ville affamée qui explose depuis des mois dans les journaux et à la télévision, la ville qui fourmille de corps, la beauté des corps brigatistes, la splendeur de mars qui éclaire d'une lumière furieuse l'homme et la femme du train, mes nouveaux parents, leurs pas rapides entre les planches, les tracts de revendication qu'ils déposent convulsivement et clandestinement, le bruissement permanent de la peau, le sexe mordillé sur les lits de camp, les pratiques animales, et cette Rome tragique sous le soleil.
Certains ont crié au chef d’œuvre. J’y ai cru mais j'ai très vite compris que je n’aimerais pas ce récit
malgré le style particulièrement recherché et imagé. La séance de
torture des chats vagabonds en ouverture du livre me l’a immédiatement laissé
supposer et c’est bien ce qui est arrivé. J’ai fini par laisser tomber cette
lecture à la page 112. Cette plongée vertigineuse dans une violence sans fin magnifiée par des enfants me laissait un trop grand malaise insuffisamment compensé par mon admiration pour l'écriture. La vie est trop courte pour se l’empoisonner ainsi.
Le temps matériel, Giorgio Vasta Traduit de l'italien par Vincent Raynaud
(Gallimard, premier roman, juin 2010, 364 p.)
Challenges d'Anne, Premier roman, Voisins, voisines, pour l'Italie,
Challenge de Géraldine, Des livres et des îles, Sicile,


