Le héros, Michael, est un photographe de police en pleine dépression après la mort de sa jeune femme. Pour s’en sortir, il suit des séances individuelles auprès d’Angela, sa psy, qui lui propose un jour de s’inscrire à sa nouvelle forme de thérapie de groupe. Pour cela, il doit entrer dans le monde virtuel de Second Life. Réticent tout d’abord, Michael se prend vite au jeu de son avatar et de son nouvel univers. Il y rencontre de nouveaux amis qui l’initient très vite au fonctionnement de ce monde nouveau. Lui-même en entraîne d’autres de sa vie réelle et finit par oublier sa tristesse et ses soucis. Il semble heureux enfin. Mais bientôt la vie réelle réapparaît, se mêlant de façon violente à la virtuelle et vice versa. Des avatars tués se révèlent des meurtres de personnes bien réelles dans la vraie vie. Michael lui-même se sent menacé et doit rependre son métier sur la trace du mystérieux tueur.
Elle était grande, blonde, et superbe comme beaucoup d'autres femmes dans SL. Chas avait vu son cadavre, bras et jambes écartés sur le lit. Il savait qu'en réalité ses cheveux étaient courts et bruns et qu'elle avait un visage carré et banal. De toute façon, la mort effaçait toute beauté des traits d'une victime.
Ce n’est que le début j’ai marché, très intéressée par l’originalité de la situation, la découverte puis l’affrontement constant des deux mondes. Je me suis réjouie de l’imaginaire nouveau créé ainsi par le biais de ce nouveau jeu à l’échelle mondiale et je me suis amusée avec les expériences et les réactions plus ou moins ingénues, perverses, sexuelles, cocasses ou terrifiantes vécues par Michael alias Chas. J’aurais aimé que ça continue ainsi sur ce rythme allègre mais vers la moitié du livre, le plaisir est devenu ennui, l’enquête, un boulet! Je me suis enlisée dans une certaine forme de répétitions et de platitudes, avec l'impression de tourner en rond. J’ai commencé à sauter les longues descriptions de maisons et de paysages, puis les trop nombreux dialogues, j’ai tourné de plus en plus vite les pages et les chapitres jusqu’à lire le passage où l’assassin était découvert, ce que je pressentais déjà puisque ici les noms ont une grande importance non seulement virtuelle mais symbolique aussi.
Une déception par conséquent malgré une idée de base qui me plaisait beaucoup avec ce déplacement vers le jeu virtuel qui promettait beaucoup mieux au départ .
Il avait passé presque trois heures dans cet autre monde,où il était devenu quelqu'un d'autre. Pour la première fois depuis des mois, la douleur de la perte de Mora n'avait pas occulté ses autres pensées. Ce qui le surprit et le dérangea le plus cependant , fut de constater à quel point Chas avait pris le dessus, comme une part de lui-même dont il avait jusque là ignoré l'existence. Il n'était pas Chas et Chas n'était pas lui. Mais il partageait des sentiments, des souvenirs, la même douleur. Ils étaient un et en même temps deux. c'était une expérience extraordinaire, folle et un petit peu effrayante
L'auteur: Peter May (né le 20 décembre 1951 à Glasgow) est un scénariste de télévision et romancier écossais. Il habite en France dans le Lot. (W)
Quelques œuvres:
Meurtres à Pékin, 2005 (Finaliste du Prix des lectrices de Elle.)
Cadavres chinois à Houston, 2007 (Prix Intramuros 2007 du salon Polar & Co de Cognac.)
Le Braconnier du lac perdu, éd. du Rouergue, 2012
Scène de crime virtuelle, Peter May,
Traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue, (Virtually Dead)
Rouergue noir, 2013, 332 pages
Ce livre a été lu dans le cadre de Masse Critique de Babelio et participe au challenge Thrillers et polars de Liliba

