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samedi 5 juillet 2014

Buvard, Julia Kerninon

Tant de blogs et d’articles de journaux encensent ce premier roman de Julia Kerninon que  c’est avec curiosité,  envie d' un coup de  cœur et crainte d'une grosse déception que j’ai commencé ce livre.
Conclusion: je n’ai pas été déçue (j’ai aimé ce récit frémissant et tendu) -  Pas totalement éblouie non plus  (je ne me suis pas sentie assez proche des personnages)  mais admirative certainement,  devant une telle maîtrise de la composition et un style aussi précis qu’imagé,  sec et  nerveux à la fois. Ce que j'ai préféré plus que tout dans ce roman? Que la lecture et l'écriture soit si intensément  au centre du récit. 
De quoi s’agit-il ? D’un rencontre entre deux êtres à l’enfance malmenée et misérable qui s’en sortent par l’écriture,  la lecture, l’imagination, la création et qui passent deux mois d’été  ensemble, seuls dans la  propriété anglaise de Caroline N. Spacek,  écrivaine célèbre  de 39 ans qui vit là en recluse et qui,  contrairement à son habitude, a accepté d’être interviewée par Lou, un jeune étudiant  de 24 ans qui vient de lire son œuvre intégrale.  Elle aura besoin de neuf semaines pour terminer le récit de sa vie qu’elle enregistre au dictaphone, en présence d’un Lou ébloui et reconnaissant.
 J’étais en train de finir mon dernier (roman) quand mon amant, Piet, m’avait pris dans ses bras pour me demander  ce qui m’arrivait – et c’était tellement difficile à expliquer que j’avais commencé à penser qu’il faudrait que je trouve un moyen de parler à Caroline N. Spacek. Lui faire ouvrir les doigts. Savoir ce qu’elle dissimulait au creux de sa paume.
Il ne s’attendait pas à trouver une personnalité aussi forte et fragile à la fois, si proche de lui par certains côtés mais si meurtrie, si entière et si mystérieuse.  Le dernier paragraphe  est révélateur de ce qui lui arrive peut-être par la suite  mais que faut-il comprendre exactement? [Suite blanchie pour  ne pas spoiler]  (Ces fils barbelé électrifiés, ces chiens affamés?) 
Qui veut bien m’en donner sa version? 

Ce livre a reçu le Prix Françoise Sagan.  
Buvard. Une biographie de Caroline N. Spacek.  Julia Kerninon, (La brune au Rouergue,  2014, 200 pages)

mercredi 7 mars 2012

Le Goût du Chlore de Bastien Vivès, Prix révélation Angoulême 2009, ma BD du mercredi

C’est par un aveu que je commence cette chronique: je n’aime ni les piscines avec  leur promiscuité et leur odeur de chlore dominante, ni la couleur bleu vert d’eau.
 Dois-je en conclure que je n’ai pas aimé cette BD basée justement sur ces deux éléments, sachant que je ne l’ai choisie que pour son prix Révélation - Angoulême 2009, permettant à ce  billet de participer au challenge Roaarrr de Mo’?
Non, ça n’a pas suffi à m’empêcher d’éprouver du plaisir en lisant cette histoire presque muette où il n’est question que d’un jeune un peu maigrichon,  poussé par son médecin et sa scoliose à s’entraîner au dos crawlé.
Il n’aime pas beaucoup ça. Il ne connaît personne jusqu’à ce qu’il finisse par  rencontrer une jeune fille, au passé de nageuse confirmé. Elle lui apprend les rudiments d’une bonne natation : les mouvements des bras et des jambes,  le rythme respiratoire.
Semaine après semaine les progrès arrivent. Un jour sous l’eau elle lui dit quelque chose qu’il ne comprend pas. Elle lui promet d’être plus explicite la semaine suivante…

Arrive la fin de l’histoire : 21 pages dont 20 sans paroles. C’est long!  
Un seul acteur. 
Une seule action. 
Confirmation : le jeune est devenu un bon  nageur et moi je suis tombée sous le charme de cette histoire sans importance. 
Serait-ce spoiler que de dévoiler ce que lui dit la jolie sirène sous l’eau ? C’est déjà sur le net.
Elle prononce les paroles du groupe Cake: «World of Two»
I don't like to hang around you
I don't want to live in your world of two
There's only room for you
In your world of two

Le gout du chlore de Bastien Vivès (Casterman, 2008, 135 pages)
Récompensé à Angoulême 2009 : Prix Révélation.

Le goût du Chlore serait bientôt adapté au cinéma, en court métrage, par Patrick Elziere comme réalisateur et Emile Berling (fils de Charles)  pour le  personnage central.  . Le tournage devrait débuter en ce début  2012 à la piscine Saint Georges de Rennes.

Je remercie vivement Jacques Viel  pour ces nouveaux logos des BD du mercredi, nettement plus réussis que les précédents.
Bienvenue à Syl et à Marie qui présentent aujourd'hui leurs premiers billets 
Les participants: 


Je participe aussi au Top BD de Yaneck (16,5/20) ainsi qu'au Roaarrr Challenge de Mo'