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jeudi 15 novembre 2012

Sonia Rykiel par Judith Perrignon: N'oubliez pas que je joue.


Le but de ce livre c'est de pouvoir sortir et de trembler sans se cacher.
Parce que j'ai beaucoup apprécié le livre de Judith Perrignon sur le peintre Garouste: "L'Intranquille", je n'ai pas hésité à choisir celui qu'elle vient d'écrire avec et sur Sonia Rykiel. N'oubliez pas que je joue. Il y est question de la maladie de Parkinson que la couturière a choisi de cacher pendant une dizaine d'années pendant lesquelles elle se tient droite et fait mine de  rien mais vient le moment où il lui est de plus en plus difficile de cacher ses tremblements (P. de P. devient son juron favori). Elle évoque alors sa dernière grave maladie, une pyélonéphrite suivie d'une septicémie .
Comme tous les créateurs, je ne peux parler d'autre chose que de moi. Je ne me quitte jamais.

Pourquoi ce livre? Pour vivre, accepter, faire accepter, comprendre.
Pour me permettre de ne pas cacher mes mains, mes jambes, ne pas me dissimuler.

Les souvenirs sont racontés par Judith Perrignon et les interventions de Sonia Rykiel sont en italique et au présent.
Ma vie pourrait s'arrêter, ce qui me fait hurler de peur.
Je suis hallucinée, j'ai mal au corps, j'ai des migraines ébouriffantes qui sont là comme un malentendu.
Je suis une non dormeuse, une qui ne dort presque pas. Je vis avec ce non-dormir.
Pourquoi suis-je devenue cette femme interdite de faire ce qui lui plaît? 
Le vrai m'épuise.
Ne pas avoir peur, c'est ça le bonheur. Je suis le contraire de ça.
Mentir faisait partie de ma vie mais ça ne va plus.

Une incontestable envie de se raconter. J'ai porté quelques vêtements à sa griffe dans mes années de grande minceur et je me sentais bien dedans. Pour tout cela respect et merci.
"N'oubliez pas que je joue". Sonia Rykiel et Judith Perrignon, (L'Iconoclaste, mars 2012)