mardi 6 octobre 2009

Un écrivain populaire peut-il être un bon écrivain?

« Et si la littérature était d’exil ? » Lydie Salvayre

Un écrivain populaire est-il un bon écrivain ? Je suis étonnée par la tendance actuelle, en France, à mépriser les auteurs à succès, (à penser qu’un auteur à succès est un mauvais écrivain). Ainsi, au départ, on reconnaissait volontiers du talent à Bernard Werber, Anna Gavalda, Paulo Coelho, Marc Lévy, Maxime Chattam, Guillaume Musso, maintenant, on les traite avec une certaine forme de mépris ou de condescendance quand ce n’est pas d’acrimonie dans certains articles de journaux. Est-ce une affaire d’élitisme ? Auteur à succès, donc commercial, donc sans talent ? Toute l’admiration est alors réservée à des auteurs érudits et méritants, certes, admirés par leur pair mais totalement inconnus du grand public et même des bons lecteurs des blogs littéraires , comme le sont par exemple, Pierre Bergounioux et Pierre Michon. Faut-il avoir honte de certaines de ses lectures?

Depuis quelque temps j’observe avec curiosité le malaise ressenti par certains critiques concernant ce qu’il faut bien reconnaître honnêtement comme le succès actuel du livre de Beigbeder : «Un roman français». Les commentaires des blogs, eux, sont en grande majorité positifs. Pour ma part, l’ayant également beaucoup aimé je trouve certaines critiques journalistiques d’une acidité de mauvais aloi, voire de mauvaise foi ! Comme si un personnage connu, déjà célèbre, riche, bénéficiant de tous les signes de réussite sociale ne pouvait pas, en plus, écrire un bon roman ! Pourquoi ?

J’ai trouvé une sorte de réponse dans BW, le livre de Lydie Salvayre que je viens de terminer. Un passage a particulièrement retenu mon attention, page 152.

L’ancien éditeur des éditions Verticales chez Gallimard, BW, le héros de ce livre, prétend, en effet que seuls, les mal-aimés, les non - officiels, les non - reconnus, les réprouvés sont de vrais artistes !

« Et s’il n’y avait de littérature que d’exil ? Et si le travail d’éditeur était d’aller à l’encontre des errants. Il faut se barrer avant d’avoir à se rendre, ou pire, d’être banni.

Et BW, dans un accès sentimental, de faire la check-list des bannis, réprouvés, condamnés et exilés (volontaires et involontaires) chers à son cœur :

Epictète congédié par Domitien

Juvénal éloigné par Hadrien

Ovide chassé parce que trop immoral

Dante forcé à l’exil et condamné à mort

Charles d’Orléans emprisonné

Erasme censuré par l’Inquisition

Rabelais réprouvé par la Sorbonne

Jean de la Croix enfermé à Tolède

Quevedo banni de la Cour

Sade emprisonné pour débauche

Voltaire exilé et emprisonné

Diderot emprisonné

Beaumarchais emprisonné

Chateaubriand exilé

Byron mis au ban

Hugo exilé

Baudelaire condamné

Flaubert idem

Kafka exilé

Wilde condamné

Tsvetaïeva exilée

Mandelstam déporté

Joyce exilé

Nabokov exilé

Beckett exilé

Danilo Kis exilé

Artaud exilé d’entre les exilés

On n’en finirait pas de dérouler la liste de ces Dispersés qui n’eurent d’autre lieu que la langue. »

Autrement dit, la littérature comme sacerdoce, comme engagement total, à la vie à la mort, oui ! Comme gagne pain ou activité commerciale, non ! Serait-ce dégradant alors ?

Je ne boude pas mon plaisir ! Etant une lectrice lambda, si j’aime, je le dis, même si c’est un livre des plus humbles, après tout ! Et si le livre m’ennuie, je n’en ai pas honte, même s’il est écrit par l’auteur le plus estimé et le plus respecté qui soit !

(Image choisie: Epictète, philosophe grec, stoïcien, mort vers 130, sous le règne d'Hadrien, esclave affranchi à Rome, banni en 90 par l'empereur Domitien.)

Suite à cette réflexion et aux commentaires qu'elle a suscités,le billet de Levraoueg ici

49 commentaires:

  1. Ce qui est reproché aux auteurs à succès comme Marc Lévy, Anna Gavalda ou Guillaume Musso (et je reconnais partager cette opinion), c'est qu'ils ne font que raconter une histoire. C'est d'ailleurs ce qui les sauve : leurs histoires sont quand même originales. C'est la seule explication à leur succès pour moi.

    Le lecteur n'a pas besoin de réfléchir au livre après, puisque les auteurs ne cachent rien. Il n'y a aucun mystère autour du roman car ils disent tout, le vocabulaire utilisé est quand même très simple (redondance des verbes faire, être et avoir par exemple). Ce n'est objectivement pas de la grande littérature, car pour faire passer un message (quand il y en a un), ils l'écrivent très clairement, au lieu de le faire deviner au lecteur.

    Il est évident que tous les auteurs considérés comme géniaux ne sont pas toujours intéressants, notamment les classiques qui sont, il faut le reconnaître, quelques fois bien barbants. Lire pour faire bien, c'est stupide, tu as raison !

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  2. Je pense que vous gagneriez beaucoup à distinguer les écrivains à succès des écrivains populaires. Lévy ou Musso ne sont pas des représentants de la littérature populaire - défendre la littérature populaire, c'est défendre la possibilité d'une littérature qui, tout en demeurant un art, est un art qui s'adresse à tous. Par exemple, parmi les auteurs de la rentrée, quelqu'un comme Martin Winckler est effectivement un auteur "populaire".

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  3. Bouh, La première fois que j'ai lu ces auteurs, j'ai bien aimé leurs livres. Depuis, c'est plus mitigé, je te l'accorde mais parfois je me contente d'une belle histoire qui me surprenne suffisamment pour ne pas m'ennuyer! Je ne recherche pas forcément toujours à lire de la grande littérature ou je relis les classiques que j'aime et qui savent être clairs. Pour faire passer un message, si message il y a, il vaut mieux faire simple,à mon avis!

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  4. Je partage tout à fait ton avis. J'ai lu plusieurs Gavalda et pas mal de Marc Lévy, et il vaut mieux parfois un livre simple avec une bonne histoire (comme c'est souvent le cas chez Lévy) plutôt qu'un classique incompréhensible mais qui fait bien. Mais pour moi, ce n'est jamais génial. C'est juste que les critiques littéraires professionnelles ne sont pas dans cette optique, car clairement, ce type de livres ne rentre pas dans leurs standards.

    Pour en revenir à Beigbeder, il me semble qu'il est plus détesté dans la profession pour sa nonchalance et son côté jet-set que pour ses livres. J'aime bien son écriture et je pense m'acheter Un Roman Français quand il sortira en poche !

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  5. Vaste question !
    Je crois que nous n'avons pas assez de recul non plus pour savoir si tel ou tel livre sortira de la masse pour atteindre le Graal, à savoir : être classé parmi les classiques.
    On en revient toujours au même : qu'est-ce qu'un classique ?
    En revanche, si on regarde cette liste d'auteurs classiques, je crois que tous ont apporté quelque chose à la littérature. Ils ont bousculé la forme, sont allés à contre-courant des autres, et ont été pour cela mis à l'écart.
    Maintenant si je regarde Musso ou Lévy, je ne vois pas ce qu'ils ont apporté comme renouveau. Certes, leurs histoires plaisent et sont énormément lues, mais je doute qu'ils apportent un plus à l'édifice "Littérature". Le fond est présent, mais la forme est proche du zéro. Ce sont des livres plaisir, qu'on lit très vite, un peu comme un hamburger. Mais au bout de quelques temps, il n'en reste rien.
    Si on prend un poème de Victor Hugo, ou encore un passage d'un de ses romans, on le garde en tête. Des textes classiques s'échappe une musique qu'on ne peut oublier.
    Désolée si j'ai été longue, mais ta réflexion est vraiment intéressante.
    Pour finir, je ne pense pas que le fait d'être mis à l'écart soit un dénominateur commun entre un Hugo et un Musso. ;)
    La mise à l'écart d'un Musso ne vient pas du fait qu'il nous bouleverse ou qu'il bouleverse la littérature ...

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  6. Dave Feng, le mot populaire est équivoque, je vous l'accorde! Disons que ces auteurs ne sont pas impopulaires sauf pour l'habituel cercle d'intellectuels que je pourrais comprendre s'ils n'étaient pas si méprisants et élitistes!
    Voir s'amenuiser régulièrement le nombre des auteurs français actuels que je lis par plaisir me désole alors que s'accroît sans cesse la liste des écrivains étrangers que j'aime.

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  7. J'ai peut-être une chance alors de devenir un écrivain reconnu en m'exilant... Très marrant ton post!

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  8. voilà une réflexion intéressante en effet. J'ai beaucoup de mal à supporter l'intolérance vis à vis des goûts des autres. On peut dire ce qu'on pense d'un livre qu'on n'a pas aimé sans pour autant blesser ceux qui l'ont aimé. Et c'est vrai dans tous les domaines artistiques.

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  9. Bouh, nous sommes bien d'accord! Bonne lecture pour le Beigbeder si tu le lis en Poche!

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  10. Leiloona, j'approuve tout ce que tu dis et j'apprécie que tu aies pris le temps de développer ton point de vue. Simplement, ce que je déplore au fond, c'est cette séparation caricaturale, en France, entre la bonne et la mauvaise littérature! D'un côté on trouve ceux qui s'enferment dans leurs tours d'ivoire et de l'autre ceux qui s'exposent dans les hypermarchés! L'élite et la masse!
    C'est un billet d'humeur que j'ai écrit là et même de mauvaise humeur!
    En réalité, peu m'importe la postérité d'un auteur, s'il deviendra classique ou non pourvu qu'il réussisse à m'intéresser! En cela,je me sens consommatrice à outrance mais l'exigence est là cependant et je n'aime pas non plus n'importe quoi!

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  11. Juliann, Tu as toutes tes chances,bien sûr et je crois en toi, mais quand même, ne te précipite pas! Reste encore un peu avec nous! :)

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  12. Valérie, totalement d'accord avec toi! Le mépris, l'intolérance,l'exclusion, où que ce soit, me pose problème!

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  13. Je ne suis pas une adepte des Levy et Musso parce que j'attends autre chose d'un livre que la seule détente. Mais ma fille ainée (24 ans)lit ce genre d'ouvrages fréquemment pour se vider la tête. Elle commence sa vie professionnelle (dans la finance) et ce genre lui convient parfaitement pour l'instant. Pourquoi pas ? Mais elle admet que ce n'est pas de la littérature.
    Pour ce qui est de Nothomb, c'est différent.On aime ou pas mais c'est de la littérature à mon sens.

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  14. Personnellement, je suis sensible au style dans un roman. Question de goût.
    Ce que je reproche aux auteurs que tu cites au début de ton article, c'est surtout d'écrire un type de romans très défini et de ne pas en sortir. J'ai lu Musso et Levy et au bout d'un moment, j'ai l'impression de toujours lire la même chose.
    Cependant, je reste persuadée que le plus important est de lire, peu importe quoi. Après, il y a suffisamment de poissons dans l'océan pour que chacun puisse se faire plaisir. Puisque c'est bien de plaisir que nous parlons, non ?

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  15. Pour ma part, ce que je ne supporte pas, ce sont les gens qui critiquent Musso/Lévy/Gavalda sans rien avoir lu d'eux, juste parce qu'il a été décrété que comme ces auteurs remplissaient les rayons, leurs romans étaient commerciaux donc nuls.
    J'aime le style de Gavalda, je n'ai rien lu de Musso, et j'ai lu 2-3 Lévy sans plus de conviction.
    Je suis la première à rire à la vue des similitudes de titres utilisés par les deux derniers mais de là à qualifier leurs romans de "non-littérature", je ne me permettrais pas.
    Est littérature selon moi tout ce qui a pour démarche d'inciter à la lecture.
    Après, on peut parler de bonne ou de mauvaise littérature mais là encore, tout cela est très subjectif ;)

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  16. le mieux est de ne pas écouter les critiques (journalistiques pas les blogs^^) et se faire sa propre opinion. nous qui lisons énormément, trouvons forcément que musso etc est fade à côté de d'autres auteurs qui savent nous surprendre encore. Pour ma part j'aime beaucoup^coelho :D. mon problème avec musso et lévy, c'est que j'oublie vite ce que j'ai lu!

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  17. Je suis tout à fait d'accord avec toi et fatiguée de cet elistisme lectoral qui fait que l'on ne devrait lire que de l'intellectuel pompant et bouder notre plaisir de légèreté.

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  18. sylire, qu'est-ce que la littérature si ce n'est une œuvre de communication à visée artistique? Après, il y a la bonne et la mauvaise littérature, la plus ou moins commerciale, la plus ou moins hermétique, mais ça reste de la littérature! Parfois j'aime lire des chefs d'œuvre et parfois des bluettes! Heureusement qu'on a le choix!

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  19. Stephie, en effet, c'est bien du plaisir de lire dont nous parlons! Musso et Lévy ne se renouvellent pas assez, c'est vrai! Mais, à l'opposé, combien d'autres s'enferment dans un petit cercle intimiste et tiennent l'absence de succès comme une marque de qualité!

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  20. Cynthia, je souscris à tout ce que tu écris, je pourrais l'avoir écrit! :)

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  21. esmeraldae, on oublie vite les histoires de Musso et de Lévy et de quelques Nothomb aussi mais j'ai très vite oublié également certains Goncourts de ces dernières années!

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  22. Géraldine, je rêve d'un Balzac ou d'un Hugo contemporain qui nous mettrait tous brusquement d'accord, de façon évidente, éditeurs, critiques, lecteurs assidus et grand public! Où est-il?

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  23. un écrivain populaire n'est pas toujours un bon écrivain, mais l'inverse n'est pas vrai !

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  24. Si je n'estime pas nuls les écrivains dits populaires (je pense à E.E.Schmitt par exemple), j'ai essayé et lu au moins un roman de ces auteurs à succès que tu cites et j'avoue que leurs livres furent un pensum pour moi, non à cause de leurs histoires, pafois originales, mais à cause de leur écriture tout à fait quelconque, voire médiocre.
    Imagine que tu écoutes un air de Mozart mal chanté et dont la soprane a une voix de fausset, c'est à peu près la même chose que j'éprouve en lisant un roman mal écrit.
    Je suis peut-être sévère, mais sincèrement ces auteurs m'écorchent les oreilles.
    Ceci dit, je te remercie pour cet article qui permet un débat passionnat et contrasté!

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  25. C'est une vaste question que tu poses là, Mango, celle de la qualité de la création et de la crédibilité de son auteur. Faut-il être maudit ou exilé pour être un bon écrivain ? Faut-il écrire sur des thèmes peu porteurs, donc peu commerciaux, pour être reconnus par les siens ?! Personnellement, tout ce qui est trop "commercial" ne m'attire pas du tout. Maintenant, j'ai tenté de lire certains auteurs très (trop) connus, parce que trop médiatiques, et je reconnais que j'ai eu des problèmes avec leur style. Sauf un, EE Schmitt qui - pour le moment - ne m'a donné que des satisfaction ! Mais, c'est vrai que je préfère de loin des auteurs plus discrets, aux livres moins tapageurs ... C'est ma nature, je ne jette la pierre à personne ! Il y a suffisamment de livres et d'auteurs pour que tout le monde y trouve son compte.

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  26. Oui, tu as sans raison... J'ai donné la signification que moi je donne à la littérature. Mais attention, je ne fais pas de snobisme. Pour les vacances par exemple j'aime les lectures très légères !

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  27. Je veux dire tu as raison ! le "sans est en trop".

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  28. Gambadou, on en arrive toujours à la fameuse question: que faire pour rendre populaire un bon écrivain de son vivant? Faut-il obligatoirement passer par les médias? Nous, lecteurs, avons-nous encore notre mot à dire? Les prix littéraires sont-ils suffisants? ...Trop vaste question pour être traitée ici, bien sûr!

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  29. Sybilline, tu as raison de parler du style à leur propos puisque apparemment ce n'est pas leur priorité mais je me pose aussi très souvent cette question à propos des livres que je lis généralement et qui ne sont pas parmi les plus mauvais, je crois, mais ce sont des traductions pour la plupart et là je ne suis plus sûre de goûter vraiment ce que l'auteur a fait de mieux! Je constate, avec dépit, depuis un bon moment, que je suis plus souvent séduite par des auteurs étrangers dont je ne connais pas la langue et comme qui dit traduction dit aussi en partie trahison, je déplore cet état de fait! Il reste les classiques français, bien sûr, qu'on ne relit jamais assez!

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  30. Nanne, je connais un tas de femmes qui ne liraient plus du tout sans ces livres de supermarchés à grands tirages, check-lists, littérature populaire, littérature de bas-étage, petits livres de quatre sous!...Déjà les vraies librairies disparaissent,les bonnes émissions littéraires aussi! Ça me désole, bien sûr, mais je ne désespère pas de voir un jour des hommes ou des femmes aussi courageux et inspirés que nos plus grands anciens, capables d'entraîner les foules derrière eux par leur seul talent au service de leurs idées, comme Hugo ou Zola! Rêvons! :)

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  31. Sylire, je t'avais comprise! C'est ce que nous faisons toutes!

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  32. Grande question !

    Pour ma part, j'ai lu pas mal de titres imposés lorsque j'étais étudiante. Certains m'ont laissé de bons souvenirs, d'autres beaucoup moins ! Mais l'Education Nationale a rempli son rôle, faire découvrir un éventail large de la littérature pour la culture générale et donner la curiosité d'explorer ensuite par soi-même.

    Maintenant, la lecture est avant tout un plaisir pour moi, et non un challenge intellectuel.

    J'aime sans complexe tous les livres qui me touchent : ceux d'Anna Gavalda, mais aussi des essais philosophiques et politiques, des oeuvres plus littéraires, et également des thrillers d'Harlan Cobem, en passant par la fantazy, la littérature pour enfants...

    Je ne consulte plus du tout les critiques littéraires professionnels car souvent je suis déçue. C'est pour cela aussi que je suis devenue assidue des blogs de lecture car souvent les avis sont plus authentiques. Il y a tellement de lecteurs différents que les présentations sont souvent enrichissantes.

    Personnellement, je n'accroche pas avec Levy et Musso car bien souvent leur quatrième de couverture me fait rêver et ensuite je suis déçue par le contenu.
    De même qu'il n'y a pas si longtemps j'appréciait beaucoup Werber. Puis j'ai décroché car je trouve que de plus en plus ses personnages sont arrogants et je ne les supporte plus !
    Bref, je ne lis plus ces trois écrivains non pour des raisons intellectuelles mais parce que le plaisir a disparu...

    En tous les cas, je n'opère pas mes sélections de livres en fonction de l'élitisme de l'auteur, ça c'est hors de question !

    Bonne journée !

    Marie

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  33. Oups, en me relisant, je m'aperçois que j'ai été très bavarde.

    Désolée, j'ai rédigé à la louche, avec moultes répétitions et redondances... mais ta question m'a touchée et a soulevé un débat vraiment intéressant !

    D'ailleurs j'ai apprécié aussi de lire les autres commentaires. Merci à toi d'avoir lancé ce petit caillou dans la mare... ;-)

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  34. Marie, nous sommes bien sur la même longueur d'ondes et ta contribution est très intéressante sur ce sujet qui ne peut naturellement que nous toucher! Apprendre à aimer lire et à apprécier des livres pas toujours faciles est certainement le plus beau cadeau que l'école nous a fait! J'aimerais bien que tous les élèves puissent avoir ce plaisir aussi!

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  35. Je partage l'avis de leiloona : Musso et Levy, c'est de la littérature fast-food comme la télé-réalité l'est pour la TV. Ces livres plaisent car on ne se prend pas la tête à comprendre et dans notre monde où on est tout le temps accaparé par tout (le travail, les enfants etc.) bah c'est la lecture idéale.
    Je n'aime pas personnellement leurs livres (quoique j'en ai peu lu) mais ils ont leur place, surtout que sans eux, certaines personnes ne liraient peut-être pas ou plus.
    Enfin, même si c'est une litterature simplette, je leur rend hommage car je connais peu de personnes capables d'écrire un livre de A à Z et encore moins plusieurs (j'aimerais pouvoir écrire un livre mais j'en ai pas le talent!)

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  36. Lepetitmouton, écrire un livre est un vrai métier et je pense maintenant que ça s'apprend, ce qu'ont très bien compris les auteurs américains. J'avais trop tendance, plus jeune, à croire qu'il suffisait d'avoir de l'imagination et un peu d'inspiration! A mon avis, si tu as très envie d'écrire et que tu travailles pour ça, tu réussiras!

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  37. Je trouve ta réflexion et les commentaires qui suivent très intéressants et tout aussi révélateurs. Je pense que le fait que la majorité des français ne soit pas de grands lecteurs joue beaucoup dans le choix des écrivains à succès. Je lis de plus en plus et je remarque que je deviens de plus en plus exigeante pour ce qui est de l’écriture et de la forme. L’histoire ne me suffit plus. Du coup, j’ai plus de mal à faire lire du Sorj Chalandon que du Guillaume Musso quand il s’agit de donner des conseils lecture à des amis. Mais là je m’éloigne du sujet initial et de la critique littéraire que je lis de moins en moins vu que les auteurs que je lis ne s’y trouvent presque jamais. Par contre, tu inclus Maxime Chattam que je trouve talentueux dans le fond comme dans la forme. Je l’ai découvert avec La trilogie du mal et Le sang du temps.

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  38. Laetitia, tu as raison, je trouve, quand tu dis qu'on devient de plus en plus exigeant quant au style lui-même, à force de lire, mais je constate aussi que cette exigence même varie chez moi en fonction des moments. La fatigue, par exemple, certains jours me ferait lire n'importe quoi!
    Je sais que tu apprécies Maxime Chattam, mais je l'ai inscrit dans la liste des auteurs méprisés justement parce qu'il a du succès! C'est de là que partait ma réflexion!

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  39. Lorsque je veux lire un bon roman populaire je me tourne en principe vers le genre policier. Pour faire de bons romans populaire, je pense qu'il faut s'inscrire dans une littérature de genre : la science fiction, le polar, l'aventure, voire le roman régional. Des auteurs que tu cites, j'ai lu un Gavalda et je trouve que son style est banal et ses messages plein de clichés et de bons sentiments. Quant à Cohello c'est un peu pareil mais en pire!très gros clichés, bon sentiments, avec de la spiritualité d'images pieuses...
    Schmitt a écrit de bonnes pièces de théâtre autrefois notamment les " Variations énigmatiques" un vrai chef d'oeuvre que je recommande. A présent, je n'aime plus tellement ce qu'il écrit.
    Je n'ai rien à dire de Musso et Lévy, ne les ayant jamais lus et je me dispenserais volontiers de ces lectures-là.

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  40. Dominique, c'est intéressant ce que tu dis concernant la littérature de genre, nécessaire pour se rendre populaire mais que deviennent les bons écrivains qui ne font ni de la littérature de genre ni, à plus forte raison, des livres commerciaux? Sont-ils condamnés, sinon à l'exil désormais, mais au silence des médias,à la solitude en petits comités? au silence même tout simplement?

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  41. Discussion très intéressante ! je n'ajouterais pas d'eau au moulin, je suis moi-même partagée sur la question... Vaut-il mieux lire des romans passables que ne pas lire ? toute la question est là...
    Personnellement, je déteste lévy et musso. Trop plat et caricatural. Je n'envisage pas la lecture comme un simple passe temps et attends ressortir d'un livre riche de reflexions, d'interrogations sur la vie, le monde, les gens. Je ne pense pas pas que ce soit une question de succès, on pourrait citer de gros succès de librairie de qualités, genre Millénium par exemple. Comme le disait certains, c'est de la littérature fast-food qu'on oublie aussi vite terminé... moi je préfère m'en passer...

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  42. choco, en réalité, on est gâté puisqu'on a le choix, entre la bonne et la moins bonne littérature, enfin un choix relatif malgré tout, car je connais des écrivains de grand talent qui ne sont plus ou pas encore publiés!

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  43. Comme écrivain populaire et talentueux, je citerais Brussolo, l'auteur à l'imagination débordante et au talent de conteur indéniable. Il faut tout de même reconnaître que ce qu'écrivent les auteurs populaires est le plus souvent loin d'être inoubliable (Beigbeder, Chattam, Musso...).

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  44. Nicolas, je vais ajouter Brussolo dans ma liste d'auteurs à lire car je ne le connais pas bien encore! Le livre de Beigbeder: "Windows on the World" m'a beaucoup marquée, je dois dire, et son dernier livre: "Un roman français" ne m'a pas déplu, au contraire. Quant à savoir s'il sera inoubliable, c'est difficile à dire!

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  45. Laetitia la liseuse18 oct. 2009 à 23:49:00

    Pas de soucis en ce qui concerne Maxime Chattam. j'avais bien compris tes intentions ^^

    Chattam m'a appris tout un tas de truc sur la criminologie, le profilage ou la médecine légale alors que Musso... Mais j'arrête de radoter. Bonne nuit !

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  46. Laetitia, Je lirai Chattam avec plus d'attention la prochaine fois! :)

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  47. Tu peux lire un numéro de la revue Autrement sur "Le roman populaire". Je ne l'ai pas lue en entier, mais elle retrace l'histoire des genres qui sont compris dedans, la définit précisément, présente les auteurs de la littérature populaire jusque dans les années 1960.

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  48. Lilly, merci du conseil! J'aime bien cette revue! J'irai voir en librairie dès que possible!

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  49. Personnellement je pense que oui. Stephen King, Nothomb, la grande Rowling, Brussolo, sont des grands talents et ils n'auront jamais le Goncourt ou son équivalent étranger. Ce sont de grands écrivains cat ils parviennent à innover (Nothomb), ou raconter une histoire comme personne (King, Brussolo, Rowling). Au final, leur lecture est un vrai plaisir, plus à mon sens que les "grands éécrivains" comme Paul Auster.
    Après il faut bien reconnaître que Levy écrit des romans assez "cucu", et Chattam ne me semble pas avoir beaucoup de talent, moins en tout cas que Grangé. je n'ai lu de Coelho que Comme un fleuve qui coule, et ça ne m'a pas marqué. Quant à Gavalda, ce n'est pas mon type de roman: trop axé sur le quotidien. Musso quant à lui est plaisant, mais n'est pas un écrivain inoubliable.
    Bref, c'est tout un débat. Mais je pense que les écrivains populaires, du moins certains, ne sont pas à négliger, loin de là.

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