dimanche 22 mai 2011
Le pauvre songe de Arthur Rimbaud
Peut-être un Soir m'attend
Où je boirai tranquille
En quelque vieille Ville,
Et mourrai plus content:
Puisque je suis patient!
Si mon mal se résigne,
Si jamais j'ai quelque or,
Choisirai-je le Nord
Ou les Pays des Vignes?...
- Ah ! songer est indigne,
Puisque c'est pure perte!
Et si je redeviens
Le voyageur ancien,
Jamais l'auberge verte
Ne peut bien m'être ouverte.
Arthur Rimbaud. Vers nouveaux et chansons. Comédie de la soif. ( La Pléiade, p75)
Autographe donné par Rimbaud à Jean-Louis Forain (1852-1931), ami de Verlaine et de Rimbaud.
Jean-Louis Forain, lavis de brun « Arthur Rimbaud » (vers 1872, Arthur aurait 18 ans). Image reproduite dans le journal « Le Monde » en fév.2007. Ce portrait était connu des amateurs de Forain mais pas de ceux de Rimbaud ! Source : archives Vert et Plume.
"Ce poème est daté du séjour de Rimbaud à Charleville dans les premiers mois de 1872. Cette pièce est une de celles qui nous introduisent le plus profondément dans l'âme de Rimbaud durant cette période où il prend conscience de son échec et se sent dévoré par sa soif de vie intense et un profond besoin de s'en aller très loin, toujours plus loin. Les voix de la famille lui disent de se contenter des voix du cellier. (...)
A l'automne précédent il est allé à Paris. Il a connu les poètes. Ils sont devenus ses amis. Ils l'ont entraîné à goûter le bitter sauvage et l'absinthe. Il est décidé à ne pas recommencer. Il aimerait mieux mourir que de gagner l'ivresse à ce prix. Un jour viendra peut-être où il s'arrêtera, résigné, en quelque ville. Sera-ce le midi ou le nord? Mais alors il se reprend. S'il repart, un jour, pour d'autres voyages, il partira décidé à s'abandonner à l'aventure. La conclusion: toute vie est soif, toute vie est fuite vers la mort." Antoine Adam.
Toujours aussi joyeux cet Arthur! ;) bon dimanche!
RépondreSupprimerrimbaud, c'est sûr ne respire pas la joie et la bonne humeur MDR
RépondreSupprimermais quel beau poème engendré par sa mélancolie
Merci aussi et bon dimanche !
RépondreSupprimerchoupynette, après il part au soleil et on connaît la suite...
RépondreSupprimerTrès beau poème, très mélancolique... beau dimanche à toi !
RépondreSupprimerniki, c'est le Rimbaud noir d'avant son départ pour l'Afrique. C'est à cette date qu'il décide de partir très loin,persuadé d'avoir tout échoué jusque là.
RépondreSupprimerDidi, bob dimanche à toi aussi.
RépondreSupprimerIrérgulière. Poème d'un Rimbaud totalement désenchanté.
RépondreSupprimerC'est très beau, et comme je suis fan de Rimbaud et de sa mélancolie, je ne peux qu'aimer.
RépondreSupprimerBon dimanche Mango.
dimitri, Très bon dimanche à toi aussi.
RépondreSupprimerSon œuvre est tout aussi passionnante que sa vie! Bon dimanche
RépondreSupprimerOui après il disparaît et renonce à la poésie! La plupart des poètes du XIX ème sont malades de la vie.
RépondreSupprimerIl a cru fuir son malêtre en renoonçant à son inspiration, pour son malheur et notre frustration..
RépondreSupprimerAh Rimbaud ! On ne s'en lasse jamais, c'est presque de la musique !
RépondreSupprimerogressedeparis,sa vie est plus tragique,je trouve.
RépondreSupprimerclaudialucia ma librairie ,oui, après les Romantiques, un peu poseurs,les Maudits pour de bon.
RépondreSupprimerorfeenix, il s'est réduit au silence et nous avec. Bien dommage.
RépondreSupprimerCagire,je le redécouvre à chaque fois.
RépondreSupprimerdis ! es tu bien sûre de ta date 1972 !!! ça ne serait pas plutôt 1872 ! il me semble ! je ne connaissais pas ce dessin d'Arthur, pourtant Ardennais pur sang ! tiens tu m'intrigues !
RépondreSupprimerbonne semaine mango
Bonne semaine Pascale et merci du signalement de l'étourderie. Il est beau ce portrait, tu ne trouves pas?
RépondreSupprimerUn beau poème, mais venant de Rimbaud, ce n'est pas très étonnant (tu sais, elle est commandée ce matin la poêlée de chataignes, je n'ai pas pu me retenir).
RépondreSupprimerAifelle! Ah bien tu es une rapide mais tu as bien fait: il était très convaincant et j'ai aimé sa philosophie.
RépondreSupprimerL'illustration complète si bien ce poème !
RépondreSupprimerEt merci d'avoir écrit les explications, c'est toujours chouette de voir les avis ou les "traductions" des autres !
Marie, cette peinture de Rimbaud me séduit infiniment. Je n'en connaissais pas du tout l'existence jusqu'ici.
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